Un arbre compense-t-il vraiment nos émissions de CO2?
Grâce à la photosynthèse, les plantes stockent le CO2. Planter un arbre apparaît ainsi comme une solution simple et sympathique permettant de réduire le CO2 présent dans l'atmosphère et participant au réchauffement climatique. Mais qu'en est-il réellement?
Si les plantes fixent le C02 expiré par les hommes, les animaux et les microorganismes, ces mêmes plantes respirent elles aussi et rejettent du carbone dans l'atmosphère. De plus, un arbre qui meurt, de manière naturelle ou par la main de l'homme (1), entraîne la libération du CO2 fixé au long de son existence. Ainsi, dans le cas où une réserve de bois diminue, celle-ci entraînera un bilan négatif en termes de CO2 et deviendra une source d'émissions. On comprend donc que la fonction de puit de carbone d'une forêt peut être remise en cause par de nombreux facteurs parfois impossibles à maîtriser, tels que le feu, les insectes, le déboisement ou encore les intempéries. En 1999, la tempête Lothar a par exemple détruit plus de bois dans la forêt suisse qu'il n'en a poussé au cours de la même année et a transformé celle-ci en source d'émissions de CO2. Le rôle de la forêt en tant que puit de carbone est donc entaché d'incertitudes. Mais cet élément n'est pas le seul à entrer en considération.
La lutte contre le réchauffement climatique nécessite en effet une réduction du CO2 sur le long terme et les forêts ne sont pas en mesure de répondre à cette exigence pour deux raisons. D'une part, les surfaces disponibles pour le reboisement ne sont pas infinies. D'autre part, en quelques décennies, la forêt aura atteint un âge auquel sa croissance, et par conséquent la fixation de carbone, sera nettement réduite.
Pour toutes ces raisons, les puits de carbone constitués par les forêts ne peuvent contribuer que temporairement et de manière complémentaire à la protection du climat. Celle-ci reste et restera intimement liée à la réduction de nos émissions de CO2 et notamment en privilégiant la mobilité douce.
(1) Si la récolte de bois représente une émission de CO2, celle-ci dépend de la manière dont le bois prélevé sera utilisé. Si le bois est utilisé pour fabriquer des produits en bois à longue durée de vie, telle qu'une charpente ou des meubles, le carbone qu'il a fixé y reste lié. De plus, l'énergie nécessaire à la fabrication de ces produits est plus faible que si l'on utilise des matériaux comme le béton ou l'aluminium. Une utilisation accrue de produits en bois est donc bénéfique pour le climat mais exige une gestion avisée et durable des ressources forestières afin d'éviter que celles-ci ne soient laissées à l'abandon.
Source : Puits et sources de CO2 dans l'exploitation forestière, OFEV, Berne, février 2006





